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Sombre Ruka et maillot jaune

C’est à Ruka dans le nord de la Finlande qu’on commençait la saison 2014-2015. Petit coin isolé, même le soleil hésite à se pointer le bout du nez! C’est l’endroit parfait pour retomber dans l’atmosphère de compétition car il y a simplement aucune distraction. L’athlète dans son sanctuaire.

L’année 2014 a eu son lot de défis et une tonne d’aventures. C’était donc le moment de finir en beauté une année que je suis loin d’oublier (qualification Olympiques, les Jeux de Sotchi, les voyages, etc.) Durant la saison morte, j’ai eu la chance de renouer les liens avec plusieurs de mes commanditaires. Ameublement Tanguay, qui me supporte depuis que j’ai la couche aux fesses, est la raison principale de mon développement continuel. Oakley, et leurs produits du tonnerre, continuera à m’équiper à mon plus grand bonheur. Bref je suis bien entouré pour la prochaine saison et j’en suis très reconnaissant.

Avec plus de neige que jamais à Ruka, les conditions étaient parfaites pour commencer la saison. Mais, après plusieurs jours d’entraînement et beaucoup de trafic, la piste s’est rapidement détériorée, ce qui augurait bien pour tout un spectacle lors du premier duel. De plus, la FIS (fédération Internationale de Ski) mettait en place un nouveau format en abolissant la qualification. En d’autres termes, les 56 skieurs présents allaient avoir leur chance en face-à-face, et le skieur s’étant classé le plus haut l’année antérieure se verrait changer de parcours à chaque descente.

8e au grand prix de 2013-2014, j’avais le dossard 7 (étant donné la retraite d’Alex Bilodeau) pour commencer la saison. J’avais un laisser-passer pour la première ronde et affronterait Per Spett en ronde des 32 (pour ceux qui suivent le sport, c’est le suédois à l’immense barbe qui fait d’énormes «front flip»). Après un duel chaudement disputé, j’avais l’avantage et prendrait mon coéquipier Simon Pouliot-Cavanagh en ronde des 16. Il m’avait battu lors de la finale de la Coupe du Monde en mars dernier en France, donc j’attendais cette revanche de pieds fermes. La commande était lourde, mais j’étais motivé comme jamais dans un parcours que je skiais déjà très bien. Pas question de le laisser passer devant pour une deuxième fois en six mois. Après une de mes bonnes descentes de la journée, les quarts de finale m’opposaient au Russe, médaillé de bronze des Jeux de Sotchi, Aleksandr Smyshlyaev. Semblerait que «j’ai son numéro» puisqu’il ne m’a jamais battu en duel. Mais, je n’allais pas le prendre à la légère. Il est quand même l’un des meilleurs skieurs de la planète. Après une autre chaude lutte, je gagnais mon billet pour les semis-finales. Dernier canadien encore en liste, je souhaitais bien sauver l’honneur des troupes et poursuivre notre incroyable lancée de podium (merci à Alex et Mik, qui ont fait tout un travail)! En demi-finales, je me frottais à Thomas Rowley, l’un des nombreux jeunes prodiges américains qui avait une excellente journée. N’ayant jamais fait de duel contre lui, je ne savais pas trop à quoi m’attendre, mais étant dans le parcours que je préférais, je devais sortir du départ comme une bombe. J’avoue qu’il m’a chauffé et m’en a donné pour mon argent. Il était vite et j’ai eu peine à gagner la vitesse par des poussières. J’étais en FINALE!

L’énergie était extraordinaire. J’allais enfin mettre la main sur un podium, un sentiment que je n’avais pas ressenti depuis février 2013 (près de 2 ans). Restait à savoir si c’était sur la plus haute marche… Il me restait à vaincre Sho Endo, mon bon ami japonais. L’un des skieurs les plus rapides sur le circuit, il est un redoutable adversaire, surtout en cette journée du 13 décembre. Mes jambes commençaient à ressentir la charge de toutes ces descentes qui se succédaient à un rythme infernal. À force de gagner mes duels, j’avoue que c’était le dernier de mes soucis. Je blaguais avec mes entraîneurs en haut de parcours, 2-3 gorgées d’eau et j’étais d’attaque pour le dernier grand coup. J’avais la chance de rester dans le parcours droit qui m’avait souri toute la journée. Ceci dit, je n’envisageais pas gagner par la vitesse, mais ma stratégie était plutôt d’avoir mon focus sur la qualité de mes sauts et de mon ski. Avec un départ canon, j’espérais le voir faire quelques erreurs. Après avoir passé très près de tomber face première dans la porte de départ, j’ai surgi et pris une mince avance en atterrissant mon premier saut. Comme anticipé, il a enclenché à la deuxième vitesse et j’ai pu le voir du coin de l’œil. Sans trop m’en soucier, je l’ai gardé tout près et laissé gagner le temps par 2 dixièmes. Je croyais qu’il m’avait battu, mais je savais que les points seraient des plus serrés. 18-17 était le pointage final et mon nom a résonné à mon grand étonnement et mon grand bonheur. J’avais gagné la première Coupe du Monde de la saison et ainsi pris le maillot jaune du leader!

Après cette journée de fou, je ne pouvais conclure l’année 2014 sur une meilleure note. Une année en montagne russe que je suis loin d’oublier!

J’ai la chance d’avoir dix jours afin de profiter du temps des Fêtes à Québec auprès des miens, puis nous irons à Calgary pour la suite des événements. Je tenterai de poursuivre sur cette lancée et m’accrocherai le plus longtemps possible à mon maillot jaune.

Joyeux Noël et Bonne Année 2015!

Phil Marquis 

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